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イザイの紹介

「ヴァイオリン史に残るすべての人の中で、誰よりも会ってみたいのがパガニーニとイザイだ。
どちらも、演奏史におけるヴァイオリンという存在を幾度となく飛躍的に前進させ、際だって深く、広い想像力、創造性をもつ、作曲家にして演奏家だ。これほどの人物と知り合えたら、どんなにか名誉なことだろう!

アイザック・スターン(1920~2001)

「イザイほど正確な演奏ができるヴァイオリニストを聴いたことがない」

パブロ・カザルス(1876~1973)

「彼は『ヴァイオリンの騎士』、最後の大ヴィルトゥオーゾ、我々の芸術における忘れがたい記念碑として記憶に残り続けるだろう」

カール・フレッシュ(1873~1944)

「ウジェーヌ・イザイの思い出は特別に貴重なもので、今も鮮やかに蘇ってくる。イザイの演奏は、それを聴くという至福の時を体験した者すべてに消えることのない衝撃をあたえたのではないか」

ヨーゼフ・シゲテイ(1892~1973)

「私にとってヴァイオリニストの偶像といえばウジェーヌ・イザイでヨーゼフ・シゲティではない」

「イザイはメッセージを持っている。尊いメッセージだ。ただ、毎回弾く度に発するとは限らないのでよく注意していなければそれを逃してしまう。しかし、そのメッセージが放たれる時は実に素晴らしいのだ!ある水準を安定的に達し、いつどこでも変わらずに弾く芸術家は二流である。特別な一時を作れるのが巨匠だ。その瞬間を待つ価値は大いにある。」
「私はイザイから本当に沢山のことを学んだ。」

フリッツ・クライスラー(1875~1962)

 

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 http://ysaye.kbr.be/

https://www.kbr.be/fr/fonds-eugene-ysaye

 

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ウジェーヌ・イザイEugène-Auguste Ysaÿe (1858-1931)

 

イザイの遺産――作曲家や演奏家達との交流を通して

 

ベルギーのヴァイオリニスト、ウジェーヌ・イザイは1858年に生まれた。当時ベルギーという国は、建国わずか28年であった。彼の生まれた町リエージュは、マース川に面した水運都市で、オランダやドイツとは数十kmしか離れていない。フランス語圏最北のこの町は、ウィーン会議の際、戦勝国から求められた「緩衝地帯」の象徴であった。僅かな間ネーデルラント連合王国の一部であったベルギーは、1830年に革命を経て独立を宣言する。イザイの芸術家としての絶頂期、ベルギーは世界第3位の経済大国となった。

 

イザイがリエージュで受けた教育は、後にパリで受けるものとは大きく異なっていた。そこでは、ゲルマン文化世界がラテン世界と平和裡に共存し、オペラの支配はより少なく、管弦楽や室内楽が多く演奏されていた。青年イザイはそのメッセージを完璧に具現する。ヴィエニャフスキやヴュータンの教えをしっかり吸収した後、彼はベルリン(後のベルリンフィルとなる楽団で活動した)と、当時の芸術の都パリで過ごす。1886年、母国の首都ブリュッセルの王立音楽院の教授に任命されると、たちまちブリュッセルの音楽界の第一人者となり、2つの芸術家団体「20人会」と「自由美学」の伝説的な演奏会に参加する。これらは、当時のヨーロッパ現代音楽の主要な坩堝であった。

 

その間イザイは、アントン・ルービンシュタイン、グリーグ、ヨハン・スヴェンセン、サン=サーンス、フォーレと出会い、ショーソンからドビュッシーまでフランス音楽の若き天才達と親交を持った。そして、1890年代のヨーロッパとアメリカにおいて最も有名なヴァイオリニストとなったが(そのため、ベルギーにいることは稀であった)、彼の演奏家としてのキャリアは、恐らく何よりもまず、これらの作曲家との交流に拠るところが大きい。彼は常に彼らに新作を委嘱し、それはソナタから弦楽四重奏曲にまで及んだ。当時これほど多くの初演を行った演奏家はいないだろう。ほんの一例として、フランク、サン=サーンス、フォーレ、ダンディ、ショーソン、ドビュッシー、ルクー、マニャールなどの作品が、彼の演奏会で聴衆に発表された。イザイとソナタの共演が許された特権的なピアニストとしては、ラウル・プーニョやブゾーニ、そして晩年にはイヴ・ナット、クララ・ハスキルがいる。

 

ウジェーヌ・イザイはまた、ソナタのみで構成されるリサイタルの型を作り、近代フランス楽派を貫きながらも、ゲルマン文化への愛着を、バッハ、ベートーヴェン、ブラームスなどのソナタで表した。普仏戦争(1870)から第1次大戦(1914-18)までという、世界が再編されていく間、パリでも、ロンドンやウィーンやニューヨークでもそれができたのは、恐らく、彼がベルギー人だったからである。今日では余り知られていない当時の作曲家、テオドール・デュボワ、ギィ・ロパルツ、ジョゼフ・ジョンゲン、アンリ・フェヴリエ、ピエール・ド・ブレヴィル、エイミー・ビーチらにとって、彼の演奏会に作品が採り上げられることは、不滅の保証を獲得することであった。

 

作曲家イザイの作品は、長い間、音楽学において「世界の寄せ集め」と見做されてきたが、実際「世界を寄せ集める」ことに成功したといえる。彼が若いヴィルチュオーズ達にもたらした称賛は、各々の固有の特徴に対する称賛という、同じ大らかな精神を表している。彼が6人の友人へのオマージュとして作曲した6曲の無伴奏ヴァイオリンのためのソナタには、それぞれシゲティとハンガリー、ティボーとフランス、エネスコとルーマニア、クライスラーとオーストリア、クリックボームとベルギー、キロガとスペインというように、各曲に国、精神、性格が認められる。イザイは、弟子のマチュー・クリックボームとジョーゼフ・ギンゴールドに代表される2つの世代に影響を与え、エリザベート王妃コンクール(旧イザイコンクール)の精神にその名を刻んだ。が、これらのこと以上に、彼の開放的な精神は、当時恐らく、一人の寛大な芸術家が後継者達に残すことのできた、最も美しいメッセージなのである。今日このメッセージは、以前よりずっと良く理解されている。だからこそ、この6曲のソナタは、芸術的、技術的な美点を超え、現在のヴァイオリニストの重要なレパートリーとなっているのだ。そして彼らは、近代的で厳しくも思い遣りのある、自身の最善を尽くすよう励ましてくれる友を、この作曲家の中に見出だすのである。

 ミッシェル・ストッケム(Michel Srockhem)

 

 

L’héritage d’Ysaÿe, entre compositeurs et interprètes

 

Eugène Ysaÿe, violoniste belge né en 1858, fait partie de la dernière génération de grands violonistes qui n’ont pu laisser un témoignage complet de leur art par l’enregistrement. Son legs, en la matière, est inférieur à une heure de musique, enregistrée avec le violon placé à l’entrée d’un cornet acoustique d’enregistrement : on était en 1912, et c’étaient, déjà, les derniers feux d’un virtuose qui avait plané au-dessus du monde musical.

 

Pourtant, son nom ne cesse de grandir dans le cœur et l’esprit des violonistes d’aujourd’hui. Son œuvre de compositeur y est pour quelque chose, mais cela n’explique pas tout. En réalité, son héritage est bien plus vaste que cela.

 

Resituons d’abord sa vie. Ysaÿe est né dans un tout petit pays, la Belgique, né en 1830 d’une révolution qui a séparé en deux le royaume des Pays-Bas, créé en 1815 au Congrès de Vienne, après la chute de Napoléon à Waterloo (ce lieu mythique est situé à 15 km à peine de Bruxelles, sa capitale). Ce nouveau petit royaume fut l’objet de tous les soins de ses voisins : il s’agissait de créer une zone neutre, une zone tampon entre les grandes puissances, en lui donnant un roi d’origine allemande, militaire brillant, veuf, oncle de la future reine Victoria d’Angleterre, qui venait de renoncer au trône de roi de Grèce. Devenu roi, il épousera la fille de Louis-Philippe, roi des Français : la Belgique a, à sa tête, un garant de paix, après 41 années d’agitation incessante depuis la Révolution française.

 

Quand Ysaÿe nait, en 1858, son pays n’a que 28 ans, mais est déjà devenu prospère, Bruxelles, une capitale en plein développement, et Anvers (Antwerpen), un des ports les plus prospères d’Europe. Sa région, le pays de Liège, n’est pas en reste : c’est un berceau de l’industrie du fer, exportant déjà son savoir-faire aux quatre coins du monde. Culturellement, Liège constitue la limite extrême de la francophonie : à quelques kilomètres de là, plus au nord ou à l’est, on est aux Pays-Bas (Maastricht), néerlandophones, ou en Allemagne (Aix-la-Chapelle), germanophone. La ville est située sur un fleuve navigable, la Meuse, venu de France et traversant les Pays-Bas jusqu’à la mer du Nord. En 1900, peuplée d’ingénieurs et d’entrepreneurs dynamiques, la Belgique est, malgré sa taille minuscule, la 3e puissance économique mondiale, et la prospérité y est impressionnante, malgré les conditions de vie éprouvantes de la classe ouvrière.

 

Issu d’une famille modeste, Ysaÿe a baigné dans la musique dès son plus jeune âge. Son père était un musicien professionnel, dirigeant du répertoire lyrique léger dans les théâtres de Liège. Il confiera très vite Eugène au Conservatoire royal de Liège, une institution déjà prestigieuse, puisqu’elle avait précédé Bruxelles dans l’établissement d’un enseignement professionnel de la musique, encore sous la période hollandaise. L’enseignement qu’Ysaÿe reçoit à Liège est fort différent de celui qu’il aurait reçu à Paris : en effet, à Liège, le monde culturel germanique côtoie pacifiquement le monde latin, la domination de l’opéra y est bien moins totale, on y fait beaucoup de musique symphonique et de musique de chambre. Ysaÿe, après avoir été renvoyé très jeune pour mauvaise conduite, y accomplira des études très brillantes, qu’il poursuivra en privé, d’abord avec le grand virtuose polonais Hendrik Wieniawski à Bruxelles, puis avec Henri Vieuxtemps, le grand maître belge retiré à Paris.

 

Le premier séjour à Paris d’Ysaÿe (1876-79) est, pour ce jeune homme, l’occasion de se « dégrossir » et d’approfondir son art. Il fait beaucoup de musique de chambre dans les salons de Vieuxtemps, rencontre quantité de musiciens, compositeurs et interprètes comme Raoul Pugno, son futur partenaire, et suit de près l’intense vie musicale de la capitale française. Mais Vieuxtemps, très malade, doit partir en cure en Algérie, et Ysaÿe, repéré par le chef d’orchestre allemand Benjamin Bilse, se résout à partir à Berlin pour gagner sa vie. L’orchestre de Bilse, à Berlin – qui deviendra, peu après, l’Orchestre Philharmonique de Berlin – joue pour l’instant dans une grande brasserie. Les conditions artistiques ne tardent pas à peser sur le moral du jeune virtuose, malgré les rencontres qu’il peut y faire – et notamment celle de Joseph Joachim, le plus grand violoniste allemand, auquel le liera une admiration mutuelle. En 1882, Ysaÿe, enthousiasmé par une tournée de concerts avec le pianiste Anton Rubinstein qui a repéré son génie, décide de voler de ses propres ailes. Il quitte Berlin pour regagner Paris et construire sa carrière en toute indépendance.

 

Pendant ce deuxième séjour parisien (1882-86), deux éléments déterminants vont s’additionner : d’une part, il développe une relation féconde avec deux générations des musiciens français, dont il se fera le défenseur opiniâtre – de Franck à Debussy, en passant par Lalo, Saint-Saëns, d’Indy, Bordes, Chausson etc. ; d’autre part, sa carrière internationale se développe dans le grand répertoire virtuose, par lequel il conquiert une à une les capitales européennes.

 

En 1886, la place de professeur de violon au Conservatoire royal de Bruxelles devient vacante : le grand virtuose hongrois Jenö Hubay, disciple de Joachim et de Vieuxtemps, qui l’occupait depuis 1882, doit la quitter : il est appelé à la tête de l’Académie Franz Liszt à Budapest. François-Auguste Gevaert, le très respecté directeur du Conservatoire de Bruxelles, fait appel au jeune Eugène Ysaÿe pour lui succéder. Cette situation permet à Ysaÿe de se marier. C’est à l’occasion de ses noces qu’il reçoit le manuscrit et la dédicace de la Sonate de César Franck, qui va devenir son cheval de bataille.

 

A Bruxelles, tout en continuant à développer sa carrière internationale, Ysaÿe s’investit dans la vie musicale en pleine transformation de la capitale. Il participe aux concerts du cercle d’avant-garde « Les XX », qui mêle beaux-arts, littérature et musique ; ses amis français et belges lui confient des œuvres de premier ordre, souvent en première exécution, comme les quatuors de Franck, d’Indy, Debussy et Ropartz, le Concert de Chausson, la Sonate de Lekeu : toutes œuvres encouragées par Ysaÿe, et qui n’auraient peut-être pas existé sans lui. A cette fin, il a fondé un quatuor, le quatuor Ysaÿe, qui laissera, malgré sa carrière assez brève, une marque indélébile dans l’histoire du quatuor à cordes, notamment lors de mémorables séances à la salle Pleyel à Paris. Le virus de la direction le prend aussi, dès 1893, lui faisant d’emblée rêver à un orchestre à lui, pour diriger les œuvres de ses amis belges, français, norvégiens, russes, anglais insuffisamment promotionnées par des organisateurs de concert traditionnellement prudents vis-à-vis de l’avant-garde.

 

Le déclic décisif, qui fera d’Ysaÿe une des personnalités les plus remarquables du monde musical de son temps, a lieu entre 1894 et 1896 :

  • à peine achevée sa nouvelle maison, dans les faubourgs de Bruxelles, il entame sa première tournée américaine, absolument triomphale ;
  • il achète un Guarnerius à son élève (et future belle-sœur) Carry Mess : un violon magnifique qui l’accompagnera toute sa vie ; l’instrument sera plus tard dans les mains de Charles Munch, puis d’Isaac Stern et est aujourd’hui propriété de la Nippon Music Foundation : il est donc devenu japonais ! Peu après, il acquiert aussi le célèbre Stradivarius « Hercule », qui lui sera volé ;
  • il fonde la Société Symphonique des Concerts Ysaÿe : un grand orchestre destiné à donner, au long de la saison à Bruxelles, des auditions de musique symphonique aux programmes entièrement originaux.
  • il fonde son duo La Sonate Ancienne et Moderne avec Raoul Pugno, vieux complice rencontré à Paris vingt ans plus tôt et devenu, sur le tard, une grande vedette du piano parisien. Le but est de donner des récitals exclusivement composés, sauf exceptions – généralement en tournée – de sonates pour violon et piano, de Bach à l’école contemporaine, en passant par des intégrales Beethoven, Brahms, et de très nombreuses œuvres françaises et belges qui seront données en première audition à Paris.

 

Ce seront vingt années de gloire sans pareille jusqu’à l’éclatement de la Première Guerre Mondiale en 1914. Ses tournées américaines s’enchaînent tous les trois ans environ et durent une saison complète, avec un nombre de concerts pharamineux à la clé (généralement autour de cent). Aux Etats-Unis, il joue un répertoire moins original qu’en Europe, cédant parfois aux demandes des organisateurs et des tourneurs. A Bruxelles, sa société symphonique est prospère, et son originalité – outre ses programmes majoritairement contemporains – est de proposer un éventail impressionnant de grandes vedettes de l’archet et du piano, tous connaissant et admirant Ysaÿe, et heureux de jouer à Bruxelles sous sa direction : de Jacques Thibaud à Pablo Casals en passant par Sergei Rachmaninov, Ferruccio Busoni, Lucien Capet, Alfred Cortot et bien d’autres. Mais, plus original encore, en fonction de ses nombreuses tournées, il cède le pupitre de son association à des amis compositeurs et chefs d’orchestre : ainsi, le public bruxellois peut entendre et voir dans leurs œuvres Richard Strauss, Edward Elgar, Edvard Grieg, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns, Vincent d’Indy, Johan Svendsen, mais aussi les plus grands chefs de l’époque, comme Artur Nikisch, Felix Weingartner ou Willem Mengelberg.

 

Malgré sa carrière internationale, il trouve le temps de continuer son action envers la création contemporaine : durant ces années de gloire, il créée encore plusieurs œuvres importantes qui lui sont dédiées, comme le 1er Quintette de Fauré, le 1er Quatuor à cordes de Saint-Saëns, les sonates d’Albéric Magnard, de Louis Vierne, de Joseph Jongen, d’Henry Février, de Guy Ropartz, de Théodore Dubois… Outre Pugno, son autre partenaire de prédilection pour la sonate est Ferruccio Busoni, dont le tempérament est à l’opposé du sien, mais dont la collaboration résultera en d’inoubliables concerts, principalement à Londres.

 

Elevé dans la culture du virtuose-compositeur par Henry Vieuxtemps, pour qui il conservera jusqu’à sa mort une admiration immense, Ysaÿe composa dès sa jeunesse des œuvres pour son instrument. Ces œuvres de jeunesse sont aujourd’hui redécouvertes (une édition critique est en préparation). Dans les années 1890, inspiré par le renouveau de la musique française, il écrit dans un style proche de Chausson et Fauré quelques œuvres remarquables, principalement dans le genre du poème avec orchestre (ou piano) : le magnifique Poème élégiaque (1892) annonce le Poème de Chausson, un des plus purs chefs-d’œuvre dédiés à Ysaÿe. Par la suite, le temps disponible à la composition se raréfie, mais sans jamais aller jusqu’à l’arrêt de sa plume.

 

1914 marquera une grande rupture. Pugno meurt en début d’année, puis éclate la guerre. La Belgique est occupée, et Ysaÿe doit abandonner ses deux maisons : son foyer bruxellois, et la belle seconde résidence qu’il vient de se faire bâtir en front de mer, à Knokke-le-Zoute, aujourd’hui la station balnéaire la plus huppée de la côte belge. Le virtuose passera la durée du conflit mondial en Angleterre et aux Etats-Unis, où il compose notamment un de ses chefs-d’œuvre, le poème pour violon Extase. A la fin de la guerre, la situation est difficile en Belgique, et la santé d’Ysaÿe donne des inquiétudes. Ayant mené une carrière trépidante, ce grand géant, gourmand des choses de la vie, commence à souffrir de différents maux – névrites, tremblements – qui handicapent son jeu. Il accepte une offre très alléchante du Cincinnati Symphony Orchestra et en prend la direction pour quatre ans. Au pupitre de cet orchestre prospère, il propose des programmes qui lui ressemblent : admiration pour les grands maîtres et défense du répertoire contemporain, surtout français, encore peu connu aux Etats-Unis.

 

En 1922, Ysaÿe revient en Belgique. Même s’il continuera encore de jouer pendant six ans, notamment avec deux grands pianistes de l’époque (Clara Haskil et Yves Nat) il n’est plus que l’ombre de lui-même sur le plan violonistique. Il ne retrouve pas, non plus, la place qu’il a quittée dans la vie musicale de son pays, qui a beaucoup changé. Mais son prestige international est intact, et nombreux sont les grands violonistes du monde entier qui l’invitent, viennent le visiter, demander des conseils ou suivre des cours privés. Occupant souvent sa maison à la mer du Nord, il y reprend de plus belle les compositions ; c’est là que naîtront les sonates pour violon seul, pensées comme un hommage à la jeune génération des virtuoses. Six nations, six esprits, six caractères : Joseph Szigeti et la Hongrie, Jacques Thibaud et la France, Georges Enesco et la Roumanie, Fritz Kreisler et l’Autriche, Mathieu Crickboom et la Belgique, Manuel Quiroga et l’Espagne. Naîtront encore, entre autres, une belle sonate pour violoncelle seul – sans compter la sonate que Philippe Graffin a redécouverte récemment, et dont il parlera mieux que moi. Dans ses dernières années, rembrunies par les ennuis de santé, Ysaÿe reprendra une idée de jeunesse et composera un opéra naturaliste en dialecte liégeois, Pier li Houyeu (Pierre le mineur), qu’il pourra encore entendre à la radio juste avant de mourir.

 

Dans tout cela, c’est un esprit d’ouverture et de progrès qui domine. Cet esprit est le plus beau message qu’un artiste généreux ait pu laisser à ses successeurs. Il y a, bien sûr l’influence directe qu’il a pu avoir sur deux générations d’élèves, de Mathieu Crickboom à Joseph Gingold (le maître de Philippe Graffin) ; il y a, bien sûr aussi, ces initiatives concrétisées en Belgique après sa mort mais auxquelles il apporté sa marque, comme le célèbre Concours Reine Elisabeth ou la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, qui perpétuent cet esprit ; mais, pour qui sait écouter, au-delà de leurs qualités artistiques et techniques, ses compositions – et en particulier ses six sonates – font découvrir aux jeunes violonistes d’aujourd’hui un ami, un pair moderne, exigeant, bienveillant, généreux, les encourageant à donner le meilleur d’eux-mêmes. Il est bien loin le temps où les musicologues les regardaient d’un air dédaigneux. Les versions enregistrées se comptaient sur les doigts d’une seule main quand, en 1976, Gidon Kremer enregistra une des premières intégrales des six sonates – un enregistrement qui causa sensation ; aujourd’hui, deux générations plus tard, on ne parvient plus à les compter.

 

Prenez Ysaÿe comme ami : vous ne le regretterez jamais, et il vous le rendra bien.

Michel Stockhem

 

イザイの孫弟子が聞いたイザイの話と繋がり   

 

私のフランスでの恩師ガブリエル・ブイヨン先生はイザイに師事していた時期があり、よって私はイザイの孫弟子と云う事です。

【イザイのレッスン】

イザイはベルギーに生まれ、ヴァイオリニスト、コンサートマスター、弦楽四重奏、指揮者、作曲家としてヨーロッパ、ロシア、アメリカ、等で19世紀~20世紀にかけて活躍しました。演奏旅行でベルギーに居なかったイザイですが、夏休みだけは必ず別荘に居たそうです。その別荘にブイヨン先生は泊まり込み、ソロやカルテットのレッスンを受けられたそうです。「レッスンは優しく、いつも「エクスキューズミー」を付けてのレッスンで、必ずヴァイオリンで伴奏を付けて下さり、オーケストラの様だった。」といつも話して下さいました。当時の人々は、イザイの事を「ヴァイオリンの王者・子獅」と云われていました。

【イザイの容姿】

パリの楽器屋さんにイザイの左手のブロンズ像が置いてあり、必ずお守りの様に触っていました。大きな手で、でもスッキリした指でした。イザイは2メートルと背も高く、横幅もありました。大きいだけに玉子は1ダース、鳥は1羽と大変な食欲でした。この事は晩年糖尿病で苦しみました。「蝋燭で両側から灯をつけたように生きないように」と周囲の人に言っていたそうです。

【イザイのレコード】

私がイザイの演奏を聴いたのはSPレコードです。レコードが発明されたばかりで、ザーザーガリガリ雑音入りの演奏でした。それでも素晴しいと思い感動しました。30年前にCDでの復刻版で雑音の無いものを聴き、本当に驚きました。早速、ブイヨン先生に聴いて頂きました。ところが、先生はガッカリしていらっしゃり、「20分の1位しか彼の良さが出ていない…」と。こんなに凄くても…生の音が聴けてなかった事を残念に思います。

【イザイの演奏】

イザイの演奏を聴いていると楽譜(音符)が消えてしまいます。ハーモニー(音程)リズム・音の進行etc…楽譜には細かい事まで書き込めません。イザイはそれでも4分の1音高く、低くと指示しています。弓の使い方も書き込んでいます。

【イザイ生誕100年記念コンサート】

この度の事で昔の資料を調べていましたら、パリでイザイ生誕100年記念コンサートにおいて、ブイヨン先生がフランクのソナタを演奏されたそうです。

 

【イザイの御子息との出会い】

ロン・ティボー国際コンクールでイザイのソナタを弾いた後にイザイの御子息アントワーヌ・イザイ氏に会い、「父が貴女の演奏を聴いたら、どんなに喜んだでしょう」と云われました。この言葉はわたしにとって大きな励みになりました。

2018年9月16日  石井志都子

L’histoire de Eugène Ysaÿe narrée par une disciple indirecte :

 

Le fait que mon ancien professeur en France, Gabriel Bouillon, ait travaillé avec Ysaÿe fait de moi une heureuse disciple d’Ysaÿe.

 

« Les leçons d’Ysaÿe »

Né en Belgique, Ysaÿe s’est montré actif non seulement en tant que violoniste, maître de concert, organisateur et interprète de quatuor à cordes, chef d’orchestre mais aussi en tant que compositeur dans l’Europe, la Russie et les Etats-Unis des 19e et 20e siècles. Peu présent en Belgique car se produisant dans le monde entier, il passait néanmoins les vacances d’été dans sa villa, où Gabriel Bouillon eut le privilège de recevoir ses leçons : « Lors des leçons, Ysaÿe était très gentil, il s’excusait souvent et m’accompagnait au violon à la manière d’un véritable orchestre, d’ailleurs à l’époque on nommait Ysaÿe « le Roi du violon ».

 

« L’apparence d’Ysaÿe »

Dans un magasin de musique parisien trônait le bronze de la main gauche d’Ysaÿe, que je touchais chaque fois tel un talisman : une grande main avec ses doigts fins. Ysaÿe était grand (il mesurait deux mètres), dodu et avait un réel appétit : une douzaine d’oeufs, un poulet entier, ce qui a causé le diabète dont il a souffert à la fin de sa vie. Il disait pourtant à son entourage de ne pas « brûler la chandelle par les deux bouts. »

 

« Les enregistrements d’Ysaÿe »

C’est avec un disque 78 tours que j’ai entendu son interprétation. A l’aube du disque phonographique, et malgré les nombreux bruits parasites, son interprétation touche et émerveille. Il y a une trentaine d’années j’ai fait écouter à Gabriel Bouillon une nouvelle version phonographique épurée des bruits parasites, qui m’a alors assuré que cette nouvelle version perdait en qualité et en intensité. C’est dire à quel point je regrette de ne pas avoir eu la chance de l’écouter en direct.

 

« L’interprétation par Ysaÿe »

En écoutant son interprétation, les notes semblent disparaître, tandis que l’harmonie, les intervalles, le rythme, la progression du son évoluent de manière si détaillée que l’on ne saurait en indiquer toutes les subtilités sur la partition. Ysaÿe indique tout de même le quart de ton, et comment utiliser l’archet.

 

« Concert du Centenaire de la naissance d’Ysaÿe »

En consultant de nombreux documents anciens, j’ai appris que Gabriel Bouillon avait interprété la sonate de Franck lors du concert du 100e anniversaire de la naissance d’Ysaÿe à Paris.

 

« Rencontre avec le fils d’Ysaÿe »

Lors du concours Long-Thibaud, après avoir joué une sonate d’Ysaÿe, j’ai eu l’honneur de saluer Antoine Ysaÿe, fils du compositeur, qui m’a alors soufflé : « Comme mon père aurait été heureux de vous écouter ! » et cette phrase m’a tant encouragée dans mon propre parcours d’artiste musicienne qu’elle résonne toujours au plus profond de moi.                              

Shizuko Ishii

 

 

 

 

 

外部リンク

href=”https://en.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Ysa%C3%BFe”>https://en.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Ysa%C3%BFe

 

ベルギー王立図書館 KBR

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